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Ce que vous allez lire ici

J’écris depuis longtemps pour le plaisir. D’abord j’ai écrit pour moi, sans avoir le courage de me relire, pour la poubelle et pour le tiroir. Après des années, j’ai pris le courage de publier, grâce à Internet, des textes qui n’étaient pas destinés à l’école ni aux travaux ou examens de l’université.

Il y aura des textes disparates, des choses que j’aime bien, d’autres que j’ai le plaisir de partager. Il n’y aura pas que du professionnel, ni de l’intime : comme aiment à dire les Français, il y aura à boire et à manger.

J’espère que quelques lignes par ici arriveront à vous parler ; c’est le but de ce partage et c’est ce qui me motive à publier.


Les plus belles phrases

Les plus belles phrases se formaient en marchant. Un jour, il prit une décision : il allait s’arrêter. Ensuite, une feuille à la main, sa plume, il aurait tenté de les suivre. C’est assis qu’il comprit : les plus belles phrases s’envolaient.

Dès lors, il contemplait le blanc de ses feuilles, des heures durant, sans jamais le violer. C’est ainsi qu’il remplissait une page, puis une autre. Il laissait venir les mots. Il regardait les plus belles phrases sans jamais vouloir leur couper les ailes. Jour après jour, il offrait aux mots un nouveau bout de blanc, pour les inviter à revenir. Quand ils venaient, il les observait danser dans les voltiges, le long des spirales du vol des phrases. Puis, en un instant fugace, elles s’envolaient.

C’est pourquoi il ne cherchait jamais à les piéger dans l’encre, ni à les enfermer. Ainsi, au fil des ans, il avait gardé ces feuilles blanches, les chérissant avec une patience infinie. Une après l’autre. Un jour après l’autre. Des feuilles comme des cases d’un calendrier ; comme les incisions sur le mur de la cellule d’un prisonnier.

Après tant d’années, hier, il a compris qu’il ne pouvait plus offrir qu’une dernière feuille aux mots ; il ne lui restait que quelques heures pour les attendre, pour admirer encore leurs voltiges. Encore une fois. Une dernière fois.

Conscient que cet instant était unique, il a posé la dernière feuille, d’un geste simple, presque quotidien.

Pendant tout ce temps, il avait accumulé des pages et des pages de blanc, contemplées, aimées. Mises côte à côte, hier, elles auraient pu former l’espace où retenir à jamais le vol des plus belles phrases. Mais il avait renoncé à saisir le premier mot et n’allait pas non plus emprisonner le dernier.

Alors, il a pris une allumette. Il a mis le feu à la pile de feuilles blanches, dont le poids, avec le temps, était devenu celui de sa vie. Immobile, il a plongé son regard dans les flammes. Quand la nuit est tombée, il s’est retourné. Un premier pas. Puis un autre. Et il a pris le chemin.

Il est parti là où, un jour, il avait entrevu que les plus belles phrases – celles qui naissent en marchant – aiment voler.

(Version revue en 2024, à dix ans de la première version de ce texte.)

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Écrire comme un peintre en bâtiment

Depuis que j’en ai souvenir, j’écris.

Je me souviens de ces compositions à l’école où je laissais filer mon imagination, tentant de la suivre du bout de ma plume. Très vite, pourtant, la belle plume stylographique s’avérait trop lente : mes pensées en arborescence s’échappaient avant que je puisse les saisir.

Puis vint le clavier, celui d’une vieille Olivetti Lettera – je ne sais où ma mère l’avait dénichée. Ce fut un échec. Sans maîtrise, c’était à peine plus rapide qu’avec le stylo. Mon rêve d’écrire à la vitesse de Jerry Lewis dans son sketch légendaire s’effritait.

Puis vint la révélation : quelque temps plus tard, j’avais entamé des cours de dactylographie – en apparence ennuyeux – et mes parents m’avaient offert une machine à écrire électrique. Bientôt, mes doigts trouvaient d’instinct les touches ; les repères sur le F et le J devenaient évidents. Je me disais que si j’avais su cela plus tôt, entrer des lignes de BASIC sur mon Commodore branché à la télévision familiale aurait été bien moins fastidieux.

Ce n’était pas si mauvais

À dix-huit ans, j’avais participé à un concours d’écriture pour jeunes, sur les conseils de ma professeure d’italien et de mon professeur d’anglais : le prix Piero Chiara Giovani, du nom de l’écrivain de Luino. Il avait lieu à Varese et s’ouvrait aussi aux jeunes du Tessin. J’y avais soumis une nouvelle : la dernière journée d’un jeune homme qui, le soir venu, s’étant aperçu qu’il avait perdu son ombre, comprenait qu’il n’était plus de ce monde. Quelle ne fut pas ma surprise – et celle de ma mère ! – quand on m’annonça que j’avais obtenu une mention, juste hors du podium.

Mais lors de la remise des prix, un souvenir indélébile : un membre du jury m’avait glissé que mon texte n’était pas mauvais, mais que j’avais manifestement puisé – pour ne pas dire plagié ! – dans une nouvelle d’Edgar Allan Poe. Accusation infondée, qui d’abord m’avait blessé. Puis, au fil des jours, cette idée avait germé : si l’on pouvait m’accuser d’avoir copié Poe, c’est que mon texte devait valoir quelque chose. Je ne connaissais pas cette nouvelle. Je ne l’avais jamais lue.

L’écriture au quotidien

À Lausanne, des années plus tard, j’avais pris l’habitude d’écrire régulièrement, pour fixer mes pensées sur la page blanche. Et j’avais découvert que cela m’apaisait. La plupart de ces textes finissaient à la poubelle ou dans un tiroir : chaque relecture était un calvaire. Je n’étais pas à la hauteur.

Avec plus d’assurance, moins de crainte devant la relecture, que j’affrontais désormais comme une étape nécessaire, j’avais décidé de publier quelques textes en ligne. Pas des blogs, pas le récit de ma vie privée, mais “unristretto!”, un mini-journal en français que j’ai tenu de 2011 à 2016, avec des réflexions, des éditoriaux; parfois des informations en primeur ou le compte-rendu de mes enquêtes qui ne trouvaient pas de place dans les médias ni dans la presse écrite. Ce projet avait dépassé mes espérances, avec un succès de niche, certes, mais suffisant pour m’encourager à persévérer.

Parallèlement, j’avais vu certains de mes courriers de lecteurs publiés dans la presse romande. À l’époque, on accordait encore de l’importance aux lettres des lecteurs – contrairement aux commentaires qui commençaient à pulluler sous les articles en ligne. Puis j’avais commencé à publier des articles, notamment dans La Liberté, ce journal que j’avais visité en 1993, lors d’un stage pour jeunes passionnés de journalisme. Quelle joie ! D’un côté, mon français avait enfin le niveau pour être publié ; de l’autre, il s’agissait de La Liberté, ce quotidien qu’avait dirigé Roger De Diesbach, que j’admirais tant. Et j’admirais tout autant Louis Ruffieux.

Alors ? Rien de bien extraordinaire, en vérité. D’un côté, je ne serais jamais un Edgar Allan Poe, encore moins un vrai écrivain. De l’autre, j’étais le fils d’une famille andalouse immigrée au Tessin, puis parti en Suisse romande, où j’avais dû perfectionner une autre langue : le français. J’en avais appris les bases à l’école, même bonnes. Cependant c’est lorsque je suis arrivé à Lausanne que je me suis rendu compte que parler et écrire, vivre en français, était toute autre chose. Pourtant, ce même goût pour l’écriture, cette passion pour le journalisme et ce besoin de comprendre le réel m’avaient conduit à la Télévision suisse romande. Je cherchais, lisais, traitais des dossiers. Réflexion, analyse, organisation, écriture: même si mes lecteurs étaient des producteurs, des journalistes. Voir mes articles publiés, aussi dans Vigousse ou par infoMéduse, le projet de Christian Campiche, m’avait donné confiance.

Plus tard, après avoir quitté la RTS pour me lancer dans la communication – et la communication politique –, j’avais poursuivi mon amour de l’écriture : rédaction de communiqués, de rapports, de comptes rendus d’études. Aide à l’écriture pour des personnalités politiques, discours, ghostwriting. Textes pour des publications sur des votations, des articles pour le journal du PS tessinois, que je m’efforçais d’étayer par des faits, des arguments solides. Et puis, comme depuis mon plus jeune âge, j’écrivais aussi en tant qu’« écrivain public » pour le réseau de famille, pour des gens peu scolarisés : lettres, e-mails à l’administration, aux médecins, aux assurances, ou à toute autre institution.

Comme un peintre en bâtiment

L’écriture, à mes yeux, ressemble à la peinture. D’un côté, les grands maîtres : Léonard de Vinci, Vélasquez, Vermeer, Le Caravage, Degas, Picasso, Rembrandt… et la liste est sans fin. De l’autre, il y a les peintres. Des peintres en bâtiment, des peintres de métier, des artisans. Ou encore mes grands-parents andalous, quand ils badigeonnaient leur maison à la chaux. Comme mon père, qui n’était ni artiste ni professionnel, mais qui avait utilisé la peinture pour adoucir son service militaire obligatoire dans l’Espagne de Franco, en 1971.

Son commandant, qui possédait un appartement de vacances près de Cadix, avait remarqué son attention au détail – et celle d’un autre soldat. Il leur avait ordonné de rafraîchir la peinture de sa résidence secondaire. Ce même officier avait signé les papiers permettant à mon père, une fois libéré, de rejoindre ma mère, déjà émigrée au Tessin. Mais les documents tardaient. Alors ce gradé avait rendu la pareille à mon père.

De la peinture, des pinceaux, de l’attention – sans être artiste. Comme mon père, qui s’occupait des volets en bois de notre vieille maison du Tessin, pour les protéger de la pluie, pour qu’ils durent. Tout comme la rambarde du balcon, en fer forgé, avec ses motifs et ses plis, pour qu’elle ne rouille pas. Volets et rambarde n’avaient pas été peints par un artiste, pourtant ils resplendissaient, comparés à ceux des maisons voisines, privées de ces soins saisonniers que mon père leur consacrait.

Comme le peintre en bâtimment avec son échelle, ses pinceaux et sa peinture, ainsi s’est construite mon écriture, même si je n’ose pas toujours l’appeler comme ça sans aucun souci. Le mot suggère une hauteur, une qualité telles que je préfère dire que ce que je fais, ce que je publie ici, ce sont des textes, ce sont les choses que j’écris.

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Une injonction gravée dans la mémoire

La mer se resserre. L’eau engloutit les corps dans un silence étourdissant. Le silence qui, seul, parle pour ce que nous n’arrivons pas à dire. Un silence pour lequel il est de notre devoir de trouver les mots. Des êtres humains tombent dans une fosse commune de la désolation, dans l’abîme des ténèbres.

Là, dehors, les vents noirs s’entrechoquent. La tempête force le ciel à la colère, empêchant l’espoir de prononcer son nom. Les vagues se brisent avec une rage dont la genèse a été oubliée. Les corps inanimés disparaissent dans une mer de plomb.

Dans l’obscurité, une lumière se fraye un chemin. La tempête s’apaise, se diluant dans une odeur de sel et de mort ; l’une après l’autre, les étoiles se dévoilent. Le fil de l’eau embrasse la nuit qui pleure ses morts jusqu’à ce que la mer se referme sur eux. Puis, la trêve, éphémère et fragile. La mort ne se compte qu’en vivant.

Ils étaient partis, comme des milliers d’autres, fuyant la misère, la persécution, la guerre. Écrasés dans un bateau en Méditerranée ; une odyssée humaine dans la mer où se sont déversés cent peuples, d’Algésiras à Istanbul.

Au-delà du Détroit, ils virent la terre, mais la tempête avait apporté avec elle l’amertume des pleurs éternels. Ni la divine providence, ni un bateau de pêche, ni des volontaires à bord d’un navire de sauvetage n’étaient là pour tendre la main. Des morts anonymes, comme les dizaines de milliers qui y périssent encore aujourd’hui et dont les corps ne sont souvent pas retrouvés. Ils avaient affronté la mer pour connaître le monde, non pas parce que le monde les avait contraints à fuir, à l’exil ou à un sort fatal. Un voyage tortueux et une destinée qui ont été décrits dans le Chant XXVI de l’Enfer de Dante, qui préfigure les tragédies humaines de notre époque.

À travers la Méditerranée, sous la conduite d’Ulysse. Ils avaient été propulsés dans leur effort par son injonction : « vous n’avez pas été faits pour vivre comme des brutes, mais pour suivre la vertu et la connaissance ».

Le sens d’humanitas, dans la conception de Dante, embrasse la soif intarissable de la connaissance ainsi que l’intérêt bienveillant de l’homme pour l’homme. Hérité de Rome, ses racines helléniques sont millénaires et nous permettent de nous imposer sur les instincts les plus bas afin de nous élever en tant qu’êtres humains.

Un concept universel, développé et transmis au fil du temps, qui englobe la civilisation, l’usage de la raison, la transmission de la culture et la compréhension des souffrances d’autrui. Des valeurs imprimées dans les pages de Primo Levi, qui évoque l’enfer de Dante dans le témoignage de l’horrible expérience inhumaine qu’il avait vécue dans le camp de concentration nazi d’Auschwitz.

Le chapitre de Si c’est un homme, dans lequel l’auteur raconte la foi avec laquelle il avait cherché à enseigner le Chant d’Ulysse à Jean, le « pikolo » d’origine alsacienne, rappelle à la mémoire l’injonction d’Ulysse. Des vers avec lesquels Primo Levi désigne l’horreur des champs de concentration, rappelant le but que l’homme se doit de poursuivre et qui lui avaient permis, ne serait-ce qu’un instant, de trouver une bouée de sauvetage dans la dérive de l’atrocité humaine.

Nous nous rassurons avec la conviction que la transmission de la culture – dont la Divine Comédie et Si c’est un homme sont une partie pour le tout – est nécessaire pour en perpétuer la mémoire et pour former nos enfants, afin qu’ils deviennent des femmes et des hommes, des adultes porteurs de valeurs éthiques.

Nous vivons toutefois une réalité dominée par la frénésie, l’impulsivité, la superficialité, dans laquelle l’individualisme égocentrique prévaut sur l’aspiration à une vertu collective. Une société où le marché a été imposé comme seul principe organisateur social. Pour en satisfaire l’avidité, les instincts subissent une surstimulation constante afin d’induire leur assouvissement immédiat, dans un état d’insatisfaction permanente.

Pier Paolo Pasolini avait décrit l’avancée de cette réalité dans les années 70 : la société de consommation avait imposé « une œuvre d’homologation, destructrice de toute authenticité et des particularités » ainsi que des possibilités pour la personne de se développer et se différencier, « même le fascisme n’avait pas réussi à atteindre ». Un processus tentaculaire qui a progressivement envahi tous les domaines sociaux et a produit ce que Pasolini définit « l’aplatissement culturel et l’abrutissement des relations civiles ».

Un processus par lequel les politiques populistes élèvent une barrière. Celle-ci isole le besoin de transmettre des valeurs visant un développement collectif, afin de favoriser des stratégies incitant à la consommation de l’opinion politique.

Des populismes qui offrent des réactions préemballées. Celles-ci visent à obtenir un consensus en assouvissant les peurs des populations confrontées aux problèmes sociaux les plus graves : le démantèlement des acquis sociaux, les privatisations, la désindustrialisation. Ces phénomènes ont effrité le travail, accentuant le chômage, la précarité et les inégalités sociales.

Au lieu d’adopter des solutions pour répondre aux difficultés des populations, au cours des années 90 et surtout dès le début du nouveau millénaire, les politiques dominantes, et les droites en particulier, ont renforcé l’austérité et réduit les libertés ; elles ont réprimé les protestations sociales, adopté le nationalisme, empêchant de réaliser un véritable projet d’intégration des populations destiné aux plus faibles et aux déshérités.

Un contexte qui a favorisé l’émergence, la multiplication et la recrudescence des forces réactionnaires, ainsi que la manifestation de néo-nazifascismes dans les réalités les plus frappées par ces mutations et davantage exposées aux flux migratoires, notamment au Sud et en Méditerranée.

Depuis des décennies, les forces réactionnaires et leurs acteurs – dont l’arrogance est proportionnelle à leur servitude au capital – alimentent les peurs et attisent les phobies de ces populations. Elles stigmatisent l’altérité, la fragilité, la pauvreté et le désespoir, incarnés par des personnes constamment accusées d’être les coupables des difficultés éprouvées par ces mêmes populations.

Les droites réactionnaires offrent à la frustration et à l’impossibilité des aspirations de la masse la possibilité de piétiner les droits des plus faibles, et en obtiennent un consensus qui vénère leur force et détermine leur pouvoir. Il s’agit d’un tournant populiste qui conduit une attaque systématique contre l’égalité des êtres humains dans leur dignité, et qui effrite le projet de coexistence solidaire, le pluralisme et l’enrichissement culturel collectif.

La transmission culturelle des valeurs humaines et les personnes qui œuvrent à leur promotion subissent également un dénigrement continu, fonctionnel à ce processus en cours. Les droites nationalistes et réactionnaires nient que leur avancée soit comparable à celle qui a précédé les chapitres les plus sombres de l’Histoire. C’est pourquoi elles contestent les pages mettant en évidence leur projet politique abject.

Avec la fin du Rideau de fer et l’avènement de la globalisation, l’Europe et l’Occident ont nourri l’illusion qu’on pouvait abattre les murs qui ont marqué la période suivant la Seconde Guerre : le Mur de Berlin, mais aussi les murs des régimes, des dictatures, des nationalismes et des inégalités. Trente ans plus tard, nous assistons cependant à leur multiplication. Des murs physiques et symboliques que les forces réactionnaires érigent sous prétexte de protéger de prétendues racines identitaires. Cependant, jour après jour, elles procèdent à l’enlèvement des idéaux de l’Europe et de ses idéaux de cohabitation civile et pacifique. Un processus par lequel elles nient systématiquement la dimension multiculturelle de notre histoire et génèrent l’exclusion, l’émargination et la ségrégation sociales. Elles soulèvent et nourrissent des tempêtes de haine qui laissent entrevoir un horizon désolant. Elles exigent qu’on ne tende pas la main aux déshérités, qui, autrement, ne pourraient atteindre le rivage, avec la prétention de les rejeter dans la dévastation des terres qu’ils fuient.

Demandons-nous ce qu’il est advenu de notre temps. De quoi nourrissons-nous nos enfants ? La perspective est de plus en plus basse et sombre. Pour combattre et vaincre ces forces néo-obscurantistes et réactionnaires – et empêcher la reproduction des atrocités et des horreurs humaines –, il est indispensable de produire un sursaut, un élan dissident. Celui-ci doit ouvrir des fissures dans les murs qu’elles érigent pour affirmer et renforcer leur pouvoir.

Ce n’est que dans la passivité, dans l’absence de voix insoumises, que la banalité du mal se reproduit. Rappelons-nous des pages de notre culture et de notre histoire ; témoignons-en et transmettons-les pour qu’elles perdurent dans le temps.

Faisons nôtre l’injonction d’Ulysse, comme un avertissement gravé dans la mémoire : nous ne serons pas condamnés à l’enfer parce que nous aurions osé dépasser les colonnes d’Hercule. Le monde sera plus infernal et la dignité humaine plus dégradée si nous venions à oublier que nous n’avons pas été faits pour vivre comme des brutes, mais pour rechercher la vertu et la connaissance.

Les phrases en italique sont reprises de :

  • Liu Xiaobo, « Le 4 juin, un tombeau », pour le treizième anniversaire de la répression de Tian’anmen, 2002, Élégies du 4 Juin.
  • Giuseppe Ungaretti, « Sereno », Bosco di Courton, juillet 1918.
  • Giuseppe Ungaretti, « Je suis une créature », Valloncello di Cima Quattro, 5 août 1916.
  • Joan Manuel Serrat, « Mediterráneo », Mediterráneo, 1971 / projet « Sauvons notre Méditerranée », Commission d’aide au réfugié (CEAR), 2016.
  • Dante Alighieri, La Divine Comédie, L’Enfer, XXVI.
  • Pier Paolo Pasolini, « Le pouvoir sans visage », rubrique « Écrits corsaires », Corriere della Sera, 24 juin 1974.
  • Pier Paolo Pasolini, « Étude sur la révolution anthropologique italienne » (Les Italiens ne sont plus les mêmes), Corriere della Sera, 10 juin 1974.
  • Pier Paolo Pasolini, « Le vide du pouvoir en Italie », Corriere della Sera, 1er février 1975.
  • Pier Paolo Pasolini et Paolo Brunatto, Pasolini et la forme de la ville, Rai TV, 1974.
  • Ivano Fossati, « Quello che manca al mondo », Decadancing, 2011.
  • Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal, 1963.

David Marín, pour le catalogue d’exposition « Hortus conclusus. L’illusion d’un paradis », Museo Villa dei Cedri, Bellinzone, 3 juin – 8 novembre 2020. Commissaire d’exposition : Marco Costantini.

Voir l’exposition : https://www.museovilladeicedri.ch/Hortus-conclusus-L-illusion-d-un-paradis-582ad200

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aïeaïeaïe : un jeune boomer face à l’IA

aïeaïeaïe, c’est le carnet de voyage et de notes d’un jeune boomer confronté à l’IA : découvertes, doutes, réflexions et enthousiasmes partagés qui vous parleront peut-être aussi.

Visiter le site : https://aieaieaie.substack.com/

eddai : un giovane boomer alle prese con l’IA

eddai è il diario di viaggio di un giovane boomer alle prese con l’Intelligenza Artificiale: un percorso fatto di scoperte, dubbi, riflessioni condivise che mi auguro possano parlare anche a voi.

Visitare il sito : https://eddai.substack.com/

unristretto! (2011 – 2016)

Écrits, divagations et autres en français.

https://unristretto.wordpress.com/

Soprattutto (2014 – 2016)

Pensieri, parole e ròbe di David Marín.

https://soprattutto.wordpress.com/

Des histoires à rêver debout : à venir, 2026-2027

Projets d’écriture en préparation.

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Borsellino Souvenir

Premières feuilles ; bientôt.

Lire l’enquête liée : « L’interview de Paolo Borsellino »

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